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Cabaret Blanche – Folleschroniques

1914, Première Guerre mondiale. Pipo Pépino, fils d’immigré italien rêve d’intégrer un régiment et retrouver son cousin enrôlé sur le front.Le voyage qu’il entreprend l’amènera alors dans les coulisses du « Cabaret Blanche », énigmatique et fameux cabaret parisien dont il a tant entendu parler.

A travers cette histoire originale, venez découvrir une galerie de personnages décalés, burlesques, touchants et drôles. Bienvenu au Cabaret Blanche!

S’inscrivant complètement dans la lignée du théâtre musical à la française de haute volée, sans faire fi du fond au détriment de la forme, ce « Cabaret Blanche » est une formidable réussite, maîtrisée de bout en bout par une équipe, faut-il bien l’avouer au sommet de son art. A travers la fable presque onirique du destin de Pippo, cœur tendre et un brin naïf, le spectateur extasié va devenir deux heures durant le témoin de ce parcours initiatique sur fond de première guerre mondiale, au rythme des « tubes » de l’époque, symbole des prémices de ce qui deviendra le music-hall à la française. Accompagnés par des musiciens qui deviennent parties prenantes du récit, les comédiens chanteurs danseurs prennent un malin plaisir communicatif à nous raconter cette quête de liberté, de droit à la différence, ce témoignage d’un Paris qui s’encanaille malgré la dure réalité de l’époque.

Dans ce cabaret cachant mille et un secret, Blanche, véritable clé de voûte, matriarche autoritaire et « séducteur », sait mener son monde à la baguette. Blanche, c’est à la ville Benjamin FALLETTO, qui est bouleversant de justesse dans ce rôle d’homme-femme, sans tomber dans une caricature réductrice. Sa performance virevolte entre humour acide, violence et désarroi avec une justesse confondante. Point d’orgue, lorsque délaissé de ceux qui l’entouraient, il entonnera un « Ou sont passés mes amants », déchirant, arrachant au passage des larmes à l’assistance. A ses côtés, on se prend à re-découvrir une Camille FAVRE-BULLE dans un rôle tout en nuance, attachante Violette, rêvant d’arracher à son existence le petit lambeau de liberté auquel elle prétend, laissant tomber le masque de princesse indienne de music-hall que sa sœur à crée de toutes pièces pour mieux la protéger. Ce rôle là lui va comme un gant, et permet de montrer une facette de son grand talent : la sincérité dramatique. On peut aussi compter sur le trublion Sandrex, alias Pierre BABOLAT, sbire de la terrible Blanche, et auteur de chansons d’un autre temps. Drôle, clown blanc malmené par son petit monde, le comédien en livre une composition attachante et drolatique, avec un « trou du quai » qui restera dans les annales, et une belle maîtrise vocale. Enfin Cristos MITROPOULOS se partage une pléiade de personnages incisifs et haut en couleurs, entre un ministre véreux à souhait ou encore un papa italien très « Cinecitta ». Mais attention ne nous arrêtons pas là, car aucun ne démérite et tous sont à l’unisson pour faire de cette parenthèse musicale, un triomphe.

Les références au cinéma muet sont excellentes et très juste, notamment les « trois haut de forme » façon « Comedian Harmonist »qui guideront Pippo vers la capitale. Tout s’enchaine sans le moindre temps mort, gardant constamment le public en haleine.

Loin des supers productions sans âme, Le Cabaret Blanche crée la surprise et montre que nous avons dans notre joli pays des créateurs ambitieux et innovants, des interprètes de grande qualité et un passé que nous devons encore et toujours célébrer.

Poussez donc la porte du cabaret blanche sans la moindre crainte: ce sera; on vous le promet le coup de cœur assuré.

Olivier Schmitt (Folles Chroniques)

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